Les résultats de la première vague du baromètre enregistrent pleinement l’actuelle distance des Français à l’égard de la politique. Ils permettent cependant de constater l’inégale pénétration des pratiques Internet dans la population française quand il s’agit de participer à la vie de la cité, selon les questions posées et surtout selon les publics observés. Certaines cibles comme les jeunes, les CSP+ ou les résidents en Ile-de-France semblent ainsi en avance sur le reste de la population. Le clivage hommes / femmes est quant à lui moins opérant même si l’on constate parfois une plus grande réceptivité des hommes aux pratiques Internet.
Le média Internet est en premier lieu très minoritaire dans l’information sur la campagne par rapport à d’autres moyens plus traditionnels. 68% des Français pensent ainsi que les journaux, radios ou TV locales sont le meilleur moyen pour s’informer sur la personnalité et les propositions des candidats, bien devant les réunions publiques (19%) et les sites, blogs et forums en ligne (12%). Ce sont les commerçants (28%) et les cadres (27%) qui sont les plus nombreux en proportion à choisir Internet.
Dans un contexte de désillusion et d’abstentionnisme, une majorité de la population pense par ailleurs qu’Internet ne permet pas aux électeurs de mieux se faire entendre des candidats (61% dont 12% pas du tout), notamment les communes rurales (72%), les 35-49 ans (71%) et les chômeurs (69%). A l’opposé, les plus disposés à croire le contraire sont les lycéens ou étudiants (62% au lieu de 39% en moyenne), les commerçants (55%), les cadres (51%) ou les 25-34 ans (49%). Le clivage hommes / femmes joue, sans être décisif : 42% de oui chez les hommes au lieu de 36% chez les femmes.
Le média Internet reste également peu répandu dans la population pour participer à la vie publique en général. Parmi les différents vecteurs Internet proposés, c’est le site de la commune (40%) qui est le plus utilisé, devant les sites associatifs (26%). La fréquentation des sites politiques est quant à elle relativement marginale (10% pour les sites d’élus et 10% pour les sites de partis), tout comme celle des blogs de quartier (7%).
Cette tendance est encore plus nette si l’on s’intéresse aux élections régionales à venir. Dans un contexte de désintérêt général, le média Internet est peu utilisé par la population pour s’informer sur le déroulement et les enjeux de la campagne. Seul le site Internet d’un média national s’approche d’un taux de consultation d’un quart (23%, dont 14% plusieurs fois), devançant le site d’un média local (16%), le site d’une liste / d’un candidat (13%) et le site du Conseil Régional (13%).
Certains clivages apparaissent: le site d’un média national est par exemple plus consulté chez les cadres (41% au lieu de 23%), les résidents parisiens (31%) et les hommes (29%). A l’inverse, les cibles les moins réceptives en proportion sont les ouvriers (88% de non-consultation au lieu de 76% en moyenne), les chômeurs (85%) et les femmes (81%).
La consultation de blogs (6% de consultation) et de Facebook / Twitter (5%) est elle encore plus faible dans l’ensemble de la population malgré quelques cibles plus réceptives : les lycéens ou étudiants (17% de consultation sur les deux vecteurs), les commerçants (17% sur les blogs) ou les cadres (14% sur les blogs).
Parmi les différents sites de candidates pour les régionales, c’est le site de Valérie Pécresse (27%) qui est considéré comme mettant le mieux en valeur sa personnalité et ses propositions selon les répondants, devant Cécile Duflot (19%), Marine Le Pen (16%), Ségolène Royal (13%) et Hélène Mandroux (6%). Ces réponses sont très faiblement influencées par le sexe des répondants, aucune candidate ne clivant clairement entre les hommes et les femmes.
Le site de campagne de Valérie Pécresse l’emporte principalement grâce à la visibilité instantanée du programme (32% de citations) et la clarté générale du site (30%). La clarté est également citée pour le site de Cécile Duflot (19%), ainsi que son caractère accueillant (14%) et les couleurs (13%). L’appréciation sur le site Marine Le Pen dépend étroitement de l’opinion que l’on a sur la candidate (15%). Enfin, la principale qualité attribuée au site de Ségolène Royal est sans conteste sa clarté (27%).