PAREn pleine euphorie l’été dernier lors des européennes, Europe Ecologie cherchera lors des régionales à confirmer ce score historique qui l’amène aujourd’hui à présenter des listes autonomes dans toutes les régions françaises. Tous les sondages sortis récemment semblent pourtant indiquer que le très faible écart entre le PS et Europe Ecologie en juin dernier (16,48% contre 16,28%) risque de se creuser très nettement, le PS étant en position de recueillir le double de voix des écologistes.
Pourquoi ce reflux en dépit de la montée des préoccupations environnementales ? Tout d’abord, il est nécessaire de rappeler que les européennes ont toujours été un mauvais marqueur de l’équilibre des forces politiques : enjeux peu perceptibles pour les Français, abstention en hausse constante, difficile de s’appuyer sur ce scrutin pour se projeter vers l’avenir.
La règle est particulièrement implacable pour les Verts qui ont historiquement du mal à se maintenir à leur niveau des européennes. A 9,7% en 1999 derrière Daniel Cohn-Bendit, ils ne font que 5,3% des suffrages avec Noël Mamère lors de la présidentielle de 2002. Pire encore lors du cycle électoral suivant, ils recueillent 7,4% en 2004 pour tomber à 1,57% lors de la présidentielle de 2007 sous la bannière de Dominique Voynet.
Cette incapacité à peser en dehors des élections de mi-mandat est malheureusement rédhibitoire sous la Cinquième République, surtout depuis que l’inversion du calendrier électoral a définitivement consacré l’élection présidentielle comme le moment clé de la vie politique française. Parti bâti sur un thème, l’écologie, jugé apolitique par les Français, les Verts ont souvent été enfermés dans un rôle de succursale du PS aux questions environnementales. Un rôle qui connut son apogée sous la majorité plurielle de Lionel Jospin entre 1997 et 2002 et qui les place en marge des enjeux d’une élection présidentielle.
Cet épineux problème posé, il en subsiste un autre tout aussi central. Il reste en effet à prouver que Cécile Duflot, nouvelle figure des écologistes, puisse se mêler à la bataille de 2012 si telle est son intention et celle de son parti. Fraîchement arrivée sur la scène politique, la secrétaire nationale des Verts souffre encore d’un déficit de notoriété très handicapant. Deux ans suffiront-ils à le combler ? La question mérite d’être posée, surtout dans cet espace entre le PS et l’UMP où François Bayrou, voire Dominique de Villepin, n’auront pas ce problème. Un problème qui les forcerait peut-être à rouvrir la boîte de Pandore du leadership, un débat qui leur a rarement réussi.
Nicolas Fert, Chargé d'études à iSAMA
Jérôme Sainte-Marie sera le mardi 2 mars à 22h00 sur Public Sénat
et le mercredi 3 mars de 19h00 à 20h00 sur BFM radio pour analyser la campagne des élections régionales.
Jérôme Sainte-Marie est l'invité du 19-20 de BFM radio, le jeudi 25 février.
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