PARArticle publié dans la Revue Politique et Parlementaire, juin 2010
Pourquoi parle-t-on de la « burqa » ? Et pourquoi hier, en 1989 précisément, parlait-on du « tchador » ? Avant de considérer comment l’opinion se saisit du débat, et quel que soit le degré de réalité de celui-ci, un petit détour sémantique s’impose. En effet, les sondages, comme la politique, reposent sur des mots, et ceux-ci sont rarement neutres. Le « niqab, » voile intégral islamique, en 2010, ou le « hijab », foulard islamique ne recouvrant pas le visage, en 1989, seraient pourtant plus appropriés. L’argument d’une trop grande technicité du mot ne tient pas, les quatre termes susmentionnés ne diffèrent pas en la matière, et tous sont d’une introduction récente dans le langage médiatique. A l’inverse, on peut remarquer que chacun de ces deux termes situent le débat dans un contexte belliqueux, renvoyant l’un à l’Afghanistan l’autre à l’Iran. Leur introduction dans le libellé des sondages, particulièrement fréquente en 2010 pour la « burqa » ne peut manquer de favoriser les réactions de rejet, sans que les commanditaires ou les maîtres d’œuvre de ces études en aient nécessairement conscience.
Une autre similitude entre les polémiques de 1989 et de 2010 est l’équivoque régnant entre d’une part des réactions centrées sur l’islam, et d’autre part des tentatives de généralisation à l’ensemble des rapports entre laïcité et religions (1). Par ailleurs, les deux affaires se ressemblent en ce qu’elles troublent les clivages partisans et sèment l’embarras. Enfin, elles ont un point commun qui les singularisent de la plupart des sujets d’actualité, et donc des objets de sondage, c’est que l’on s’interroge sur leur degré de réalité : le phénomène décrié ne serait-il pas que le produit dérivé de calculs politiciens et de la recherche de l’audimat ?
De cette nuée d’ambiguïtés et de questionnements surgissent des faits simples, élémentaires. Il y a une nouvelle loi en préparation sur le sujet, des prises de position publiques, et des sondages. L’opinion publique est confrontée à des choix, et l’on peut savoir à la fois quelles sont ses préférences, et d’abord quelle importance elle accorde au problème.
Un débat qui intéresse
En 2010 comme 21 ans auparavant, nombreux sont ceux qui relativisent l’importance du débat au regard d’autres sujets concernant les citoyens. A cette première critique s’ajoute le soupçon de manipulation politique par le pouvoir en place, comme adjuvant au Front National hier, comme diversion délibérée aujourd’hui. Ces deux reproches sont en apparence contradictoires : si les Français s’en désintéressaient, l’impact ... > Lire la suite de cette chronique
Jérôme Sainte-Marie sera l’invité d’honneur de la remise officielle des diplômes du M2CO (Master des Etudes & du Conseil, Montpellier I) le 10 septembre 2010 à partir de 14h00.
> Visiter le site m2co.fr
Jérôme Sainte-Marie a été interviewé par le site Internet de la Dépêche du Midi sur l'influence de la mobilisation du 24 mai sur la réforme des retraites.
Jérôme Sainte-Marie sera l'invité de Fabrice Lundy dans l'émission Regards sur l'actu mercredi 9 juin de 19h00 à 20h00 sur BFM Radio.
Jérôme Sainte-Marie sera présent dans l'émission BFM Story le 27 mai 2010 entre 17h00 et 18h00 pour commenter le dossier de la réforme des retraites avec Alain Marschall et Didier Truchot.
Jérôme Sainte-Marie sera sur Public Sénat le 27 mai à partir de 22h10 pour évoquer le dossier de la réforme des retraites.
Voir toutes les actualités